mercredi 5 août | 21h30 Concerts & spectacles
Tarifs: 8/6 euros
SOURDURE

Ernest Bergez, alias Sourdure, ravive depuis l’Auvergne l’eau vive ou le feu follet des chants anciens et des rythmes des champs. Chansons archaïques de collectage, issues des traditions orales occitanes, il les rechante et réinvente, en dernier maillon d’une longue et séculaire appropriation. Ritournelles au bois rugueux, rengaines de la terre dans la bouche, ces litanies dans l’os se dansent en bourrées, mariées à la synthèse modulaire et à la musique concrète.
Artiste ancré à Thiers, (63), Ernest Bergez alias Sourdure, chemine depuis une dizaine d’années aux confins de mondes sonores écartés, liant un esprit d’expérimentation à une approche personnelle et bricolée de l’objet musical traditionnel. Hybride, exploratoire, la musique de Sourdure se révèle sous de multiples facettes ; inventions baroques sur canvas traditionnels, odes carnavalesques vociférantes, emprunts stylistiques aux musiques orientales, orfévrerie sonore marquée par la musique concrète.. Alliée à la rusticité acoustique du violon ou du dotar (luth d’Asie Centrale), l’électronique fait son œuvre alchimique ; troublant les objets sonores, altérant les perceptions et le cours du temps.
Exalté ou doux-amer, le chant emprunte volontiers quelques façons aux voix des musiques classiques arabes, turques ou persanes. L’occitan auvergnat s’impose à la plume et au crachoir, déployant son maillage métaphorique et polysémique pour dire le commun, l’intime, le sacré. La mélodie naît du mot, le poème enfante la chanson, dans une forme qui pourrait rappeler de loin le trobar, l’art des troubadours. Orchestre d’un seul homme, homme seul joué d’un univers orchestre, Sourdure chante comme le nez au milieu de la figure.
Ernest Bergez : voix, violons, podorythmie, électronique, clarinette à membrane
https://sourdure.bandcamp.com/album/lespr-va-2
