Soirée poésie #2: »Dans le vent large des chemins de traverse »

entrée 6€(adhérents5€)

Dans le vent large des chemins de traverse de Gaston Couté

Par  Bernard MEULIEN et Magali Berruet

Gaston Couté est né à Beaugency dans le Val de Loire ( 1880 1911) Il monte à Paris à l’âge de 18 ans dit ses textes dans les cabarets de Montmartre. Il emporte avec lui de son pays natal, un accent particulier et un lyrisme nouveau qui témoigne de l’originalité de son génie. Poète d’instinct, amoureux de la nature et de la vie, révolté exaspéré et indomptable contre la bêtise et les bassesses de notre société. Ecolo-libertaire avant l’heure, son œuvre patoisante pour la plus part des textes reste et restera car elle est universelle.

Le spectacle rythmé par la musique nous entraînes dans :

Les chemins de traverse… Les mauvais chemins… Le soleil doux comme les yeux des bêtes…Le foin qui presse….L’amour qui se fou de tout…L’odeur du fumier…Les milles douleurs de la rue…

 

La parole de Gaston Couté est à la fois ciselée, mordante, drôle ou lyrique… Elle sait encore nous toucher à un siècle de distance. Le poète tisse de si belle manière un lien entre un patrimoine qui nous est encore proche et les rêves d’aujourd’hui’ vers un monde plus humain. Cette langue, patois ou français est simple, vivante, colorée faites pour le plaisir de la dire ou de la chanter.

Claudine Barrat

Seul, ce soir là Bernard Meulien était campé sur le bord de la scène, tout bleu et noir, discourant tranquillement avec l’assurance de celui qui a tant à dire, quand tout déborde…singulièrement habité par Couté, il nous restitue sa verdeur et sa lucidité sans outrance, ni folklore : tout simplement.

A Bidault

LE GAS QU’A PERDU L’ESPRIT

Par chez nous, dans la vieille lande
Ousque ça sent bon la lavande,
Il est un gâs qui va, qui vient,
En rôdant partout comme un chien
Et, tout en allant, il dégoise
Des sottises aux gens qu’il croise.

Refrain
Honnêtes gens, pardonnez-lui
Car il ne sait pas ce qu’il dit :
C’est un gâs qu’a perdu l’esprit !

- Ohé là-bas ! bourgeois qui passe,
Arrive ici que je t’embrasse ;
T’es mon frère que je te dis
Car, quoique t’as de bieaux habits
Et moi, des hardes en guenille,
J’ont tous deux la même famille

- Ohé là-bas ! le gros vicaire
Qui menez un défunt en terre,
Les morts n’ont plus besoin de vous,
Car ils ont bieau laisser leurs sous
Pour acheter votre ieau bénite,
C’est point ça qui les ressuscite…

- Ohé là-bas ! Monsieu le Maire,
Disez-moué donc pourquoi donc faire
Qu’on arrête les chemineux
Quand vous, qui n’êtes qu’un voleur
Et peut-être ben pis encore,
Le gouvernement vous décore.

- Ohé là-bas ! garde champêtre,
Vous feriez ben mieux d’aller paîtr
Qu’embêter ceux qui font l’amour
Au bas des talus, en plein jour ;
Regardez si les grandes vaches
Et les petits moineaux se cachent.

- Ohé là-bas ! bieau militaire
Qui traînez un sabre au derrière
Brisez-le, jetez-le à l’ieau
Ou ben donnez-le moi plutôt
Pour faire un coutre de charrue…
Je mourrons ben sans qu’on nous tue.

Et si le pauvre est imbécile
C’est d’avoir trop lu l’Evangile ;
Le fait est que si Jésus-Christ
Revenait, aujour d’aujord’hui,
Répéter cheu nous, dans la lande
Ousque ça sent bon la lavande.

Dernier  refrain

Ce que dans le temps il a dit,
Pas mal de gens dirin de lui :
« C’est un gâs qu’a perdu l’esprit ! … »

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