Natasha Kanapé Fontaine: attention concert ANNULE

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Entrée libre

Née en 1991 à Baie-Comeau, Natasha Kanapé Fontaine est une Innue de Pessamit. Poète-slameuse, peintre, comédienne et militante pour les droits autochtones et environnementaux, elle vit à Montréal.

Natasha Kanapé Fontaine a aussi été lectrice pour le Prix de poésie Radio-Canada en 2014. Son premier recueil, N’entre pas dans mon âme avec tes chaussures (Mémoire d’encrier, 2012), a été bien accueilli et lui a valu le Prix de poésie de la Société des  Écrivains francophones d’Amérique 2013. Finaliste au Prix Émile-Nelligan 2015, son second recueil Manifeste Assi (Mémoire d’encrier) est paru en 2014.

Natasha Kanapé Fontaine s’inscrit dans la résurgence de la jeunesse autochtone actuelle. Porte-parole de la branche québécoise du mouvement pancanadien Idle No More (Fini l’inertie), elle travaille à développer la «Poétique de la Relation au Territoire» en philosophie. Natasha Kanapé Fontaine est poète invitée notamment en Belgique, en Haïti, en France, en Allemagne, en Écosse.

Sa démarche artistique et littéraire tend à rassembler les peuples divergents par le dialogue, l’échange, le partage des valeurs, en passant par le «tannage des peaux», manière métaphorique de gratter les imperfections des pensées et des consciences. Avec la poésie, elle berce l’Environnement et entame un processus de guérison avec lui. Natasha Kanapé Fontaine lutte contre le racisme, la discrimination ainsi que les mentalités coloniales par la prise de parole, et ce pour le bien des générations futures.

À propos de la Mer

Chaque jour j’avance en sosie maîtresse
je parle au vent et à la mer

Innu
je suis yorouba

taïna, arawak
femme caraïbe
mangeuse d’horizons

cannibale prêtresse
du vent et de la mer
mes pieds ne sont pas nés du naufrage
ils ont été fabriqués avec le roc des abysses
je suis la sirène aux grands bois
j’ai dix mille choses à te dire
à propos des étoiles

chaque jour j’avance
mes pieds sont forgés par les cailloux d’une île
qui n’a pas su m’oublier

Mèt Agwè Jacmel
a revêtu son plus bel apparat
pour recevoir sa Rèn
je lui dis:
je suis revenue pour revenir
je verse des larmes de la joie pour mieux te boire
je danse en tes bras bleus

Papa Loko
mes maris sont le vent et la mer
je suis couronnée par le Soley
je jouis du retour
hurlant les eaux salines de notre île
les tortues nagent entre mes oreilles
les anguilles se font fourrures pour mon cou
mes colliers sont des coraux d’Océanie
ma jupe est rouge sang versé de nos peuples
ma poitrine est nue pour le baiser de l’eau
les algues peignent pour
moi mes cheveux noirs
mon chant bat le teueikan innu
mes mains battent le
tamboù vaudou
le dieu de la mer sait habiller mes cuisses
de ses vagues câlines

Mèt Agwè Jacmel
me reçoit en son palais de la Place
je dis à mes amis: venez en nos appartements
il me donne à boire le rhum blanc du peuple noir
les orisha sont au rendez-vous de l’amour
les oiseaux sont au rendez-vous de la joie
Baron Samedi nous invite au Oloffson
partons danser dit-il avec R.A.M.
jetons par terre la farine et le sel
enivrons-nous avec les autres
tu verras que nos nuits
sont les nuits du bout de la terre
tu verras que nos nuits
auront un goût de sel
et de soleil

il n’y a pas que du vent
en amour.

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