mois du documentaire #4

Entrée 4€ (une soupe est proposée par l’association Tohu-Bohu dés 19h30: 2€)

Filmer documentaire, C’est croire en la révélation du cinéma, la révélation la plus simple et la plus radicale : que le présent se transforme en présence, qu’une action devient histoire, qu’un homme devient un héros, qu’un endroit devient un lieu.

Claire Simon (Réalisatrice)

 

1) Court-métrage:

« La femme seule» de Brahim Fritah, (2005, 23′, France)

Legba Akosse, une jeune femme Togolaise a été victime d’esclavagisme moderne. Un luxueux appartement parisien est le théâtre des réminiscences de son passé. Ainsi, dans les pièces vides résonne sa voix qui raconte les conditions de sa venue en France, ses souffrances et comment un fragile processus d’affranchissement s’est lentement mis en place, grâce aux objets, on découvrira la relation qui s’est nouée entre elle et son univers domestique, pendant les deux ans qu’ont duré son « emprisonnement ». Et au fil du récit, à travers ces objets, des souvenirs lointains ressurgiront, dès lors nous plongerons dans les méandres de son passé, quelque part dans un petit village au Togo.

 

Né en 1973 à Paris, Brahim Fritah est diplômé de l’ENSAD. Il a auparavant réalisé plusieurs reportages photographiques et des documentaires institutionnels. Brahim Fritah, diplômé de l’ENSAD, a déjà réalisé en vidéo Chroniques d’un balayeur (20′), sélectionné au Cinéma du Réel et à la Biennale des cinémas Arabes en 2000, et vient de terminer en Equateur le tournage de son second documentaire El censo (26’. Il a été résident de la CINÉFONDATION en 2003 avec son projet de long métrage Slimane le magnifique, qui a été reçu également à Equinoxe Plus.

Film: « L’empreinte » de Guillaume Bordier
(2007, 47′,France-Afghanistan)

En présence du réalisateur

« De Herat, « Perle du Khorassan », haut lieu de la Route de la Soie, objet de toutes les convoitises, hier comme aujourd’hui, « L’Empreinte » choisit de ne nous montrer que l’aspect le moins exotique, mais aussi le plus vivant : la pression du travail sur les hommes dans une boulangerie. Hors de ce lieu clos qu’est la boulangerie, pas d’image, seulement des bruits, le vrombissement des motos, le ronronnement des voitures, les inévitables coups de klaxon, des rires d’enfants… Rien du dehors ne vient perturber le rythme effréné du travail, pas même les allées et venues des clients. La boulangerie, ici, n’est pas un commerce, mais un centre de production vétuste aux murs verts, roses ou bleus, une petite usine fermée sur son activité et qui impose son rythme, sa respiration et ses cadences, aux hommes qui y vivent comme à la caméra.
Si les phases s’enchaînent, du pétrissage au façonnage et à la cuisson, si les gestes se répondent d’un poste à l’autre, chacun en même temps est enfermé dans la répétition de son geste, replié sur soi, si bien qu’à l’enfermement de la boulangerie sur elle-même répond un deuxième enfermement des boulangers sur eux-mêmes. Même les pauses ne les rassemblent pas : chacun semble perdu dans ses pensées, l’un prise du naswar , qui apporte l’ivresse et le plaisir, un autre savoure son thé. Les quelques mots qu’ils échangent alors concernent surtout le réalisateur et ce pays si lointain, si différent, d’où il vient. Le hors-champ, pour eux, ce n’est pas Herat et au-delà, l’Afghanistan, mais la France et nous, les spectateurs. » (Yann Lardeau)

 

 

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