mois du documentaire #2

Entrée 4€ (une soupe est proposée par l’association Tohu-Bohu dés 19h30: 2€)

Filmer documentaire, C’est croire en la révélation du cinéma, la révélation la plus simple et la plus radicale : que le présent se transforme en présence, qu’une action devient histoire, qu’un homme devient un héros, qu’un endroit devient un lieu.

Claire Simon (Réalisatrice)

 

1) Court-métrage:

« Arekara, la vie après» de Momoko Seto, (2013, 16′, France)

C’est dans la ville à moitié dévastée d’Ishinomaki, au nord de Tokyo, que la réalisatrice a choisi de poser sa caméra. Partant à la rencontre de rescapés, elle capte à travers le témoignage de cinq d’entre eux la réalité terrifiante, triste mais aussi touchante de la vie depuis le drame, à l’image d’un homme ayant perdu son fils ou celle d’une femme devenu fan de sumo après la catastrophe.

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Trois parties composent ce court métrage. Dans un premier temps et dans la tradition des documentaires, de nombreux plans fixent mettent en scène les récits des survivants. La caméra n’est ici que spectatrice des histoires de ces hommes et ces femmes, comme immobile ou paralysée face à la fatalité de la situation. Mais ce qui aurait pu n’être qu’une simple réunion d’histoires illustrant le désastre se révèle être un recueil d’expériences surréalistes, exceptionnelles, où les rires et les larmes font face à l’incertitude et la précarité qui rythme à présent le quotidien de chacun.

Appuyant les témoignages, la deuxième partie de l’œuvre se base sur des images fortes de paysage dévasté, à l’instar d’un bus toujours suspendu sur le toit d’un immeuble rappelant la puissance de l’évènement. La dernière partie du film continue de montrer les ruines de la ville, mais cette fois-ci soutenue par le récit des survivants, rajouté comme une illustration aux faits.

Momoko Seto livre ici une œuvre forte, poignante et réussit le pari de ne pas plonger dans le dramatique, mais plutôt d’insister sur l’universalité des évènements vécus par chacun de ces sinistrés. Car ce drame a changé leur vie mais cette dernière, inlassablement, reprend son cours. On retiendra de ce court métrage un optimiste contagieux, rappelant que même si la nature fait son œuvre parfois aux dépens des hommes, ces derniers ne doivent pas s’arrêter sur la fatalité des choses. Il y a eu une vie avant. Il y en aura une après.Carine Le brun.

Film: « Cendres » de Mélanie Pavy, Idrissa Guiro
(2014, 75′,France-Sénégal)

Une bouleversante traversée entre la France et le Japon, entre les années soixante et aujourd’hui. Les cinéastes ont accompagné au plus près le périple d’Akiko, partie déposer les cendres de sa mère Kyoko dans son pays natal, près d’Hiroshima. Dans ses bagages, un autre héritage : le journal intime de sa mère, et les images des films dans lesquels elle apparaît. Le documentaire retrace avec intensité et délicatesse ce trajet initiatique d’Akiko, écrivant là avec elle un autre journal intime, celui d’une franco-japonaise qui se réapproprie son histoire et celle de sa mère. Pour mieux renaître de ces cendres.

Réalisateur franco-sénégalais, Idrissa Guiro commence à travailler comme photographe avant de se diriger vers le cinéma. En 2008, il réalise son premier film, Barcelone ou la mort. Parallèlement à son travail de réalisateur, Idrissa Guiro est chef-opérateur. Diplômée d’histoire et d’ethnologie, Mélanie Pavy se dirige ensuite vers le cinéma et obtient un master en cinéma documentaire. Elle travaille comme chef-monteuse en documentaire et en fiction (dont Monsieur Morimoto, de Nicola Sornaga, également en compétition) et entreprend parallèlement ses propres réalisations. En 2012, ils sont tous deux pensionnaires de la Villa Kujoyama au Japon, où ils développent Cendres



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