« Hiver Nomade » de Manuel von Stürler

entrée 5€, une soupe vous est proposée pour 2€ dés 20h00

Hiver Nomade

Un film de Manuel von Stürler
Suisse – 2012 – 1h27 min – couleur -

Carole et Pascal partent pour leur transhumance hivernale avec trois ânes, quatre chiens et 800 moutons. Pour la nuit, une bâche et des peaux de bête comme seul abri.

Un film d’aventure au coeur d’un territoire en mutation.

Sortie : 6 février 2013

Sélections et prix :
> European Film Academy, prix du meilleur Film documentaire Européen 2012
> Festival du cinéma Européen en Essonne – Prix spécial du Jury et Prix du Jury Etudiants
> Festival International du Film Francophone de Namur (2012) – Bayard d’or de la meilleure photographie – Prix du public Documentaire
> Seattle International Film Festival (2012) – Meilleur scénario (Fool serious awards)
> Der Neue Heimat film, Autriche (2012) – Mention spéciale du jury
> Visions du réel Nyon – Grand Prix pour le meilleur long métrage suisse 2012
> Berlin International Film Festival (2012) – film d’ouverture
>Les Quartz du Cinéma Suisse 2013 – Prix de la meilleure photographie et Prix spécial du jury
> Festival du film documentaire de Thessalonique en Grèce – ET3 Broadcasting Award

Scénario : Manuel von Stürler, Claude Muret
Image : Camille Cottagnoud
Son : Etienne Curchod, Marc von Stürler
Montage : Karine Sudan
Musique : Olivia Pedroli

 » Pour la beauté de ce voyage dans les paysages hivernaux, pour la rigueur lyrique des images, il faut faire le voyage d’HIVER NOMADE « 
LE MONDE
 » Le spectacle est un pur régal, sans jamais verser dans le passéisme « 

TELERAMA
 » Lente et prenante, cette histoire de moutons est une superbe mise en garde contre tous les
comportements grégaires « 
LE CANARD ENCHAÎNE
 » Il faut courir voir Hiver nomade, et prendre son temps en revenant « 
LA CROIX

Si l’Hiver Nomade nous entraîne autant dans son sillage, c’est que s’y ressent avec force, tout au long d’une transhumance – à la fois ardente et contemplative –, le vent d’amour insufflé par Manuel von Stürler.

Cet air vif, empli d’affection et de confiance absolues, souffle au bénéfice de tous les protagonistes – de vrais caractères ! – dont la liberté crève l’écran de bout en bout ; avec, au centre, celle de Pascal et Carole, l’improbable duo de bergers.
À la rugosité de celui qui a cheminé en bonne intelligence avec les troupeaux sa vie durant – authentique bougon bienfaisant dont les rudes vociférations résonnent d’une vallée à l’autre –, répond la plaisante insolence, la candeur braque et les dénégations désarmantes de sa compagne, certes novice, mais diligente.
Pour notre plaisir, ce drôle de couple s’enrichit chemin faisant de chacune des malicieuses rencontres avec des personnages tant inattendus que réjouissants.

Tout ce petit monde rural périurbain, croqué avec une infinie bienveillance, est habité en profondeur par une nature dont l’omniprésence étincelante et somptueuse ne cesse de nous éblouir.
Et c’est en compagnie des bêtes – filmées dans une proximité évidente avec les humains – que se rejoue, dans la simplicité de gestes ancestraux réinventés dans la modernité du quotidien, une scène primitive ancrée dans l’histoire de l’espèce.

La consistance du film repose ainsi sur ce fil ténu sur lequel il déambule gracieusement en équilibre. Mais si nous sommes pris presque en apesanteur devant ce spectacle, c’est aussi qu’y règne à chaque instant un véritable amour du cinéma.
Légère et précise, réactive et composante, la caméra de Camille Cottagnoud se renouvelle en permanence, débusquant avec respect et tendresse, pudeur et humour, toute la poésie du vivant. Fort de l’exceptionnelle qualité formelle de ces images – qu’agrémente un son riche et pur –, le montage, tout en harmonie et hardiesse, allie avec bonheur les scènes captées dans la longueur avec des séquences haletantes au tempo parfait ; le tout, au service d’un récit d’une très grande maîtrise narrative.

Ce bel alliage artisanal fait de ce singulier documentaire de création une œuvre de cinéma aussi audacieuse qu’apaisante, aussi généreuse qu’envoûtante.

Laurent Bécue-Renard

 

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