Escale Nomade #2: Cinéma: 3 films pour une soirée cinéma

Entrée : 8€ les 3 films ou 4€ le film     Petite restauration sur place

3 films : 1] Women are heroes de Jr
2] Twenty feet from stardom de Moragn Neville
3] Chico&Rita de Fernando Trueba et Javier Mariscal

– 18h30 : Women are heroes de JR, 2011, 85 mn,  France

JR est un photographe et artiste contemporain français qui expose ses photos noir et blanc et grand format dans la rue, qu’il qualifie de « plus grande galerie d’art au monde ». Observant les gens qu’il rencontre et écoutant leurs messages, il colle leurs portraits sur les murs, les ponts, les façades d’immeubles, les toits, partout où ils peuvent être vus. Après Face 2 Face, immenses portraits de Palestiniens et d’Israéliens affichés côte à côte dans huit villes palestiniennes et israéliennes, JR entreprend la réalisation de Women are heroes, où il rend hommage au courage, à la dignité et à l’enthousiasme de femmes qui luttent pour éduquer leurs enfants ou simplement pour survivre, et cherchent à rendre meilleur un monde dominé par les hommes.

Héroïnes du quotidien

Dans des quartiers déshérités du Brésil, de l’Inde, du Kenya et du Cambodge, il réalise de gigantesques portraits en noir et blanc de ces héroïnes du quotidien, qu’il colle ensuite sur les murs ou les toits des maisons. Leurs visages, ou même uniquement leurs yeux, sont ainsi exposés à tous les passants, sublimant le destin hors norme de ces femmes – même si ces portraits sont parfois détruits à coups de masse, comme celui de la fondatrice d’un foyer pour orphelins de Phnom Penh dont les murs tombent sur ordre des autorités cambodgiennes. Derrière chacune de ces images se cachent une histoire forte et un combat. Mères, grands-mères et jeunes femmes en témoignent ici, passant parfois du rire aux larmes, toujours émouvantes. Ainsi de ces habitantes des favelas de Rio tentant de résister à la violence armée qui tue leurs maris, leurs fils et leurs pères, de cette Indienne qui, malgré son appartenance à une caste inférieure, est devenue professeure, ou encore de ces jeunes mères du bidonville de Kiberia, au Kenya, qui ont trouvé, en l’absence des hommes, les moyens de survivre en pleine émeute de la faim.

20h30 : Twenty Feet From Stardom de Morgan Neville, 2013,
91mn, États-Unis
 

avec Lisa Fisher, Darlene Love, Carole Childs, Merry Clayton, Claudia Lennear, Tata Vega, Judith Hill… et aussi Bruce Springsteen, Stevie Wonder, Sting, Bette Midler, Mick Jagger…

Twenty feet from stardom On pourrait traduire le titre original de cet épatant film documentaire par quelque chose comme « à quelques pas de la célébrité » ou plus poétiquement « tout près des étoiles ». Enfin, vous saisissez l’idée : une position sans doute enviable mais pas vraiment idéale. C’est la position des choristes, celles et ceux qui ont leur place sur scène sans être dans la lumière, celles et ceux qui restent quelques pas derrière les stars. Quelques hommes mais surtout des femmes de l’ombre, l’ombre des plus grandes vedettes internationales. Les choristes, les indispensables voix de second plan, les « support voices » sans lesquelles quelques-un des plus grand tubes de l’histoire de la soul, du R’n'b, du rock’n roll ne seraient pas tout à fait les mêmes. Voire même n’existeraient pas du tout…

À travers de nombreux et souvent savoureux entretiens, grâce à de formidables images d’archives (dont beaucoup de concerts), ce film raconte leurs histoires,leurs destinées avec un enthousiasme communicatif et une sensibilité poignante ; car au-delà des portraits de ces femmes passionnées et passionnantes qui ont consacré toute leur énergie à leur amour de la musique… et au succès des vedettes qu’ils accompagnent, il évoque aussi une industrie sans pitié qui ne laisse que peu de chances à qui n’est pas tout à fait dans le moule, à qui voudrait sortir du rang. C’est ainsi : à chaque fois que ces choristes ont tenté une carrière solo, portées par les rêves de gloire et de fortune ou plus simplement et plus sincèrement par le désir de faire leur entendre leur voix, de sortir de l’anonymat, ce furent de cuisants échecs. Sous les caractères bien trempés de ces chanteuses souvent exceptionnelles, on découvre alors des femmes fragiles, pudiques et souvent meurtries de n’avoir pas été reconnues pour leur véritable talent.
Vous ne les connaissez sans doute pas et pourtant vous les avez forcément vues et entendues. Elles ont pour nom Darlene Love, Merry Clayton, Lisa Fischer, Tata Vega, Claudia Lennear… Elles contribuent aux succès immortels des productions Phil Spector, dansent aux côtés d’Ike et Tina Turner, font les célèbres « doo doo doodoo » du mythique Walk on the Wild Side de Lou Reed, participent aux concerts électriques des Rolling Stones, des Talking Heads, de Michaël Jackson. C’est tout un pan de la musique américaine contemporaine qui est abordé ici. On entend les choristes bien sûr, mais aussi quelques têtes d’affiches : Mick Jagger, Bruce Springsteen, Stevie Wonder, Bette Midler Sting… qui tous rendent un hommage visiblement sincère à ces indispensables « background girls ».
Aux États-Unis, le film de Morgan Neville connaît un succès considérable, encore plus fort que celui de Sugar Man, c’est dire ! Pour notre part, nous préférons de loin ce Twenty feet from stardom et nous ne pouvons qu’espérer très fort qu’il fera en France une carrière comparable à son quelque peu surestimé devancier.
(article tirée de Utopia  Toulouse/Tournefeuille)

pour aller plus loin : Télérama : Morgan Neville, réalisateur de « Twenty feet from Stardom » : « Ce film a libéré la parole des choristes

- 22h30 : Chico&Rita de Fernando Trueba et Javier Mariscal, 2010,
93mn, Espagne/R-U

Un film d’animation de Fernando Trueba et Javier Mariscal
Scénario : Fernando Trueba et Ignacio Martínez de Pisón
Musique : Bebo Valdés

Cuba, 1948.
Chico, jeune pianiste talentueux, écoute les derniers airs de jazz venus d’Amérique, en rêvant de s’y faire un nom. De son côté, la belle et sauvage Rita essaie de gagner sa vie en chantant dans les clubs et les bals populaires, où sa voix captive toute l’assistance.
Des bordels de la Havane à New York, en passant par Hollywood, Paris et Las Vegas, la musique et ses rythmes latinos vont les entraîner dans une histoire d’amour passionnée, à la poursuite de leurs rêves et de leur destinée.

Inspirés par la vie du pianiste et compositeur cubain Bebo Valdés, le réalisateur oscarisé Fernando Trueba (BELLE ÉPOQUE) et son complice le célèbre dessinateur Javier Mariscal composent un hommage sensuel et nostalgique aux années 1940-50, âge d’or du jazz et du mélodrame hollywoodien, dans lequel la magie du cinéma permet de croiser et de faire se croiser Charlie Parker, Dizzy Gillespie, Nat King Cole, Thelonious Monk et Chano Pozo.

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