Danses et musiques de la Calabre secrète de la zone du Reventino (Catanzaro)

Participation libre

Danses et musiques de la Calabre secrète de la zone du Reventino (Catanzaro)

Serena Tallarico, anthropologue et danseuse
Alessio Bressi, danseur, musicien et chercheur
Giuseppe Muraca, musicien et chercheur
Giuseppe Gallo, musicien

Dans le cadre de notre travail de recherche sur les aspects rituels de la danse dans le Sud de l’Italie, nous avons eu l’occasion d’étudier  la « cujiantara », une tarentelle calabraise de la région du Reventino (dans la province de Catanzaro, Calabre, Italie), avec l’équipe de « Felici e Conflenti ».

« Felici et Conflenti » est un projet de recherche sur les danses et les musiques traditionnelles de la région du Reventino, qui a donné naissance à un Festival. Ici on appelle «cujiantara» les danses et musiques traditionnelles d’une des dernières formes de tarentelle restées intègre. Confinée dans les montagnes du Reventino (CZ), elle n’a jamais cessé de se transmettre de générations en générations. De nos jours, elle n’est jouée que lors de rares occasions pour des fêtes privées, ou pour la célébration de la Madonna della Quercia (Notre Dame du Chêne) le 31 Août. Tous les danseurs traditionnels calabrais répondent alors présents. Ce jour là on danse, on chante, on joue pour la Madone. La prière se vit.

Une authentique tradition vivante Au delà de la danse et de sa chorégraphie, ce qui rend la « cujiantara » une authentique tradition vivante, c’est son rôle dans les communautés : le collectif et le partage en sont les éléments les plus importants. La danse est un acte à la fois profane et sacré qui renoue le lien des individus avec leur communauté. A travers les fêtes, chacun se reconnecte à son passé et à son identité. Ici la danse est un moyen à travers lequel on entre dans le «corps» et l’«esprit» d’un peuple et de sa terre : la Calabre.
Le concert devient un véritable acte de transmission d’une tradition. A l’instar de la fête traditionnelle de la Madonna della Quercia, ici le public n’est pas uniquement simple spectateur, de part sa participation au rituel de la danse, il en devient acteur.

La Calabre que nous vous raconterons à travers ces rencontres, spectacles et ateliers, est une terre qui dérange, qui met mal à l’aise, en ruines, désaffectée, cachée, confinée dans les bois. C’est une Calabre que vous devez aller chercher, si vous voulez la rencontrer. Sa terre résonne encore de ses traditions, elle sent bon le pain et la poussière des chemins et quand vous arriverez, enfin, elle vous ouvrira la porte et vous dira très simplement : « Trasiti trasiti (entrez, entrez) ! Vous êtes les bienvenus ! » La culture immatérielle devient à la fois corps sensible, voix, sons, images, capturés du passé qui demeurent, revenant à la vie, à une nouvelle vie … A travers le caractère sacré du geste, du son, de la danse.

Atelier de danse : la cujientara, la danse du Reventino, avec Serena Tallarico La tarentelle en réalité n’existe pas. Il existe des milliers de variantes locales du bal traditionnel. En effet dans le Reventino, la danse est très différente de l’idée de la tarentelle qui est généralement proposée dans la plupart des festivals folk. La danse du Reventino encore aujourd’hui représente un rôle important à l’occasion des fêtes en l’honneur de la Madonne de la Buda à San Mango d’Aquino et de la Madonne de la Quercia à Conflenti. La cujiantara se danse en couple. A l’intérieur d’un cercle formé de musiciens, de danseurs et de spectateurs, les couples sont invités à danser à tour de rôle. C’est une danse délicate, pour s’amuser, une danse d’approche qui devient parfois une danse effrénée. C’est un défi ludique avec des moments de virilité maîtrisés lorsque, par exemple, deux hommes dansent ensemble. L’atelier propose de s’initier à cette belle danse traditionnelle, tout en respectant les variantes locales, dans une ambiance agréable et très amusante.
Ateliers musique et chant : le chant et l’accordéon diatonique à 8 basses, avec Alessio Bressi et Giuseppe Gallo Le répertoire vocal et instrumental pour l’accordéon à 8 basses de la Presila est unique, et très diffèrent des autres répertoires de la Calabre et du Sud de l’Italie. Voix et contre voix, accordéon aux sons intenses et retentissant ! Cet instrument est utilisé pour accompagner la danse et le chant.

La zampogna, avec Giuseppe Muraca Rencontre avec un des instrument les plus symboliques  du Sud de l’Italie, chanteur du monde des traditions pastorales et des fêtes traditionnelles . Venez découvrir son répertoire et sa morphologie caractéristique. Cet atelier est pensé comme un échange autour des cornemuses, à la recherche des différences et des ressemblances entre la zampogna et les autres « espèces » de cette grande famille d’aérophones.

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