Amour, déception, tristesse et joie [musique classique]

Entrée 8€ (adhérents7€)  à l’Eglise de Saint-Michel en Grève

Oeuvres de John Dowland, Benjamin Britten, John Thomas

Etsuko Shoji : harpe
Alan Widdowson : ténor

Ce programme de chansons folkloriques tente de relier les airs de deux compositeurs anglais distants de quatre siècles mais fortement liés par le thème de l’amour, la déception et la tristesse. Bien que John Dowland (1563-1626) ai écrit ses chansons pour être accompagnées au luth, ces compositions de la fin du 16ème siècle s’adaptent parfaitement à la tonalité de la harpe.
Benjamin Britten (1913-1976) a, quant à lui, adapté la plupart des folksongs des Iles Britanniques pour voix et piano, mais il en a également composé pour être accompagnées à la harpe. Ainsi, le poète Thomas Moore (1779-1852), auteur du poeme dont John Thomas (1826-1913) – le compositeur des deux morceaux pour harpe solo – a tire son inspiration, est reprise quatre siècles plus tard par Benjamin Britten.
Dans sa première moitié, ce programme est guidé par la thématique des histoires de séduction, d’amours naissantes, de déception mais aussi du doute amoureux qui nous assaille. C’est avec la lamentation « Triste Esta el Rey David » que s’ouvre la deuxième moitié du récital : cet air raconte l’histoire biblique de la mort d’Absalom et le chagrin de son père David qui va informer tour à tour sa femme, sa belle-fille, ses petits-enfants et, finalement, les amantes d’Absalom de la triste nouvelle. Cette chanson est une découverte du répertoire et de la tradition ladinos, la langue des juifs errants, expulsés de la péninsuleibérique par le Roi Ferdinand et la reine Isabella au 15ème siècle. La chanson suivante, « Dafydd y Garreg Wen »est en langue galloise (« David du Rocher Blanc ») et évoque un tout autre David qui, lui aussi, veut mourir seul et de tristesse, et exprime comme dernier souhait qu’on lui amène son harpe adorée.
Bien que les dernières chansons semblent de prime abord se situer sur le registre universel de la tristesse (dont l’une des plus connues plaintes de Dowland, « Flow My Tears »), elles cherchent avant tout à réconcilier et à comprendre le mystère incompréhensible de la mort. Pour clore ce récital, « Come Again, Sweet Love » (« Revenez, Amour Toute Douce »), bien qu’en conception une chanson pleine de l’ironie de seduction et d’humour, pourrait etre interprete comme questionner l’envie de demeurer dans la mélancolique du deuil ou de se reconcilier a un nouveau départ à la séduction.
Malgré sa dimension mélancolique, ce programme suit un parcours à la fois logique et universel, un parcours qui évoque l’idéal romantique des rêveries du promeneur solitaire. Nous espérons que ce programme vous plaira et vous permettra de
découvrir quelques pépites cachées.

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