« Jeanne Nabert, le silence brisé » par l’association Les Praticables

entrée 6€ (adhérents 5€)

Projet « Jeanne Nabert, le silence brisé » 2016

Aspect littéraire :

Jeanne Nabert est une des rares femmes à écrire à son époque des poèmes, contes, pièce de théâtre, romans, nouvelles, articles, ayant pour milieu socio-culturel la Bretagne mais aussi l’Est de la France, Paris, l’Angleterre, l’Italie où elle séjourne. Chez elle pas de mièvrerie, mais un regard vif, subtile et tendre sur son entourage, qui invite à la découverte, à la rêverie. A la dure réalité de la vie aussi. Elle détonne aussi par une énergie d’écriture qu’elle communique aisément. Telle une partition musicale, ses textes sont extrêmement rythmés. Dotée d’un sens inouï du suspens, elle surprend souvent par la chute de ses narrations. A l’instar des Flaubert, Shiller, Thomas Hardy, elle dépeint son environnement avec une précision ciselée au scalpel:les gens, la nature, les ambiances. Telle une archéologue, elle fouille les profondeurs de l’âme humaine. Cela toujours avec passion, ironie et humilité. C’est une masse d’information énorme que l’auteur nous livre à travers ses récits dans lesquels son pouvoir d’imagination et son extrême sensibilité nous entraînent dans des histoires stupéfiantes.

Aspect humain :
Dans la plupart de ses écrits, Jeanne Nabert dénonce : l’injustice, l’hypocrisie sociale et religieuse, l’égoïsme, les intérêts mercantiles qui prédominent sur l’intérêt humain. Elle même, différente de par ses origines, son milieu et son éducation, souffrira de discriminations. Ses histoires sont truffées de personnages, adultes ou enfants, laissés pour compte, malmenés voire maltraités par la vie, par les gens ou par la fameuse « Réprobation Générale ». Avec audace et courage, c’est en femme libre qu’elle s’insurge contre ses contemporains à l’esprit étroit qui méprisent ceux qui ne sont pas comme eux ou bien qui en ont peur. Elle pointe l’ignorance teintée de superstitions assassines d’un monde qu’elle a connu et vécu, trouvant refuge dans un univers poétique, troublant,dramatique, tendant toujours vers un spirituel salvateur. Auteur indépendante elle n’a donc pas peur de dévoiler ce qu’il faut cacher. Elle traite entres autres de sujets tabous à l’époque : le viol des femmes en temps de guerre, l’avortement, le transgenre, le sort des filles-mères. Les sujets de ses récits sont hélas toujours d’actualité et résonnent même étrangement de nos jours. Pour tout cela et en tant que femme, elle demeure une auteur d’exception dans l’univers de la littérature Bretonne. Il nous apparaît évident que cette auteure de talent mérite d’être lue ou relue, diffusée en biblios/ médiathèques, cafés associatifs, voire d’être étudiée dans les établissements scolaires. C’est pourquoi nous vous proposons une lecture-spectacle de ses textes qui pourrait être illustrée par une exposition-photos et une mise à disposition des ses livres.

Biographie :

Jeanne Nabert, fille du docteur Christian Neis et de Laure Vailhen, naît à Pont-Croix le 5 mars 1883. Elle compose ses premiers poèmes à 12 ans. Alors élève à Quimperlé, elle y suivra ses études secondaires jusqu’en 1901.Sous le pseudonyme de « Sijenna », la jeune Neis participe à l’effervescence créative des auteurs bretons, vivement encouragée par Anatole Le Braz. Elle fait aussi partie des chanteurs de Ti Kaniri Breizh (la Maison du chant de la Bretagne).Ses séjours, dès 18 ans, en Angleterre puis en Allemagne, la rapprochent de ses auteurs de prédilection : les sœurs Brontë, Thomas Hardy, Yeats ainsi que Schiller, Goethe, Heine, Nietzsche,qui confortent son penchant au romantisme.Puis elle gagne Paris où elle démarre des études à la Sorbonne. Elle y rencontre Jean Nabert, brillant étudiant en philosophie. Ils se marient à Pont-Croix en 1908.Naissent Claude (1910) et Madeleine (1912). La guerre éclate, Jean Nabert est mobilisé, blessé et retenu en Suisse jusqu’à la fin du conflit. Après son retour, il est nommé au lycée de Metz et entreprend son œuvre de philosophie. Il commence à publier et, avec sa famille, s’installe à Paris.Le couple fera l’acquisition d’une propriété à Loctudy où il séjournera régulièrement.

Bibliographie :

L’inspiration et l’imagination de Jeanne Nabert lui permettent de s’exprimer dans différents répertoires: poésie, nouvelles, théâtre, contes, romans.En 1903, Sijenna publie le recueil de poésies « Humble moisson », préfacé par Anatole Le Braz. En 1908, Jeanne Neis fait paraître sous son vrai nom, le recueil de poésies « Silences brisés », pour lequel elle sera primée par l’Académie Française. En 1915, Jeanne écrit la nouvelle « L’Intrus ». L’auteure montre, déjà dans ce texte, un aperçu de son écriture universelle, ainsi que ses réflexions humanistes et philosophiques. 1924, elle écrit une pièce de théâtre « La Lame sourde », (édit. La Grande Revue),dont l’action se situe à l’île de Sein. Elle sera montée par Charles Dullin en 1925, au théâtre de l’Atelier à Paris.Suivront les 3 romans  édités et réédités chez différents éditeurs, de 1931 à 2009 : Plon, Mercure de France, Stakine, La Découvrance, Coop Breizh.
1931 : « Le Cavalier de la mer » pour lequel elle obtient le prix du premier roman.
1936 : « Les Termagies »
1946 : « L’Ilienne »
1982, les éditions Calligrammes éditent le recueil de nouvelles « Judith en Bretagne » , puis en 1992, « Les Contes du bout du monde ».
2015, édition du recueil de nouvelles « Le Phénakistiscope »
2016, édition du livre « Poèmes de Sijenna, par Jeanne Nabert-Neis », aux éditions Galleg.

Après le décès de son époux en 1960, Jeanne Nabert continue à partager sa vie entre Paris et la Bretagne. A 80 ans, elle écrit encore. Décédée en 1969, elle repose au cimetière de Pont-croix où elle a fait planter sur sa tombe 2 rosiers afin qu’un oiseau, un jour, y fasse son nid….

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