Trans’Humanité

du Lundi 1 mai au Mercredi 31 mai 2017, entrée libre

« Photographe, Philippe du Crest, nous offre à regarder ceux/celles qui l’entourent, fasciné comme il le dit lui-même par le corps. Mais dans sa nouvelle série photographique intitulée Trans’Humanité à quelle identité sommes nous confrontés ? Nous nous posons la question, tout comme le photographe l’a posée face aux trans’ qu’il est allés rencontrer non pas pour éclaircir un soi-disant mystère mais pour mieux comprendre à travers l’image donnée, à voir ce qui fait que pendant des siècles des personnes se sont trouvées seules, stigmatisées, incomprises, malmenées par notre société et les lois du genre binaire qui la régissent.

Il n’a pas dans sa démarche une posture intellectuelle particulière mais, tout comme dans sa précédente série (Agents de lumière) la modestie d’un engagement politique, de porter un regard bienveillant, nous éclairer, révéler en quelque sorte, ce qui est l’essence même de la photographie. Dans ces conditions, comment mettre alors en place le processus photographique qui va régir, sous-tendre la série, lui donner un sens, celui de la relation du voyeur et du regardé ?

Chacun donne de soi pour faire parler l’autre et nous amener à entrer dans cette relation de complicité qui amènera des personnes trans’ à se dévoiler encore un peu plus. Mais différemment, afin de changer notre regard sur ce qui est toujours considéré comme une minorité encore mal acceptée, parfois en souffrance par rapport à la société, à la famille, aux institutions.

Cette série nous apprend donc également sur le photographe lui-même dans son rapport à l’autre et dans son rapport à l’art du portrait qui traverse aussi bien la peinture que la photographie. Et ce n’est donc pas anodin si une logique de références se met en place : procédé de lumière en halo, un certain type de poses (bras en croix, position assisse dans un fauteuil*) évoquant des souvenirs d’images. Cela n’enlève en rien au processus de création du photographe, bien au contraire, car il nous ancre dans une réalité qui finalement nous semble familière et nous permet – peut-être – d’accepter un peu mieux, un peu plus les modèles observés.

Une fois de plus, Philippe du Crest nous révèle non seulement des personnes d’un genre autre que celui imposé par une certaine norme, mais bien des identités qui, comme chaque humain, véhiculent leur plénitude, leur failles, leurs doutes. Philippe du Crest sait les amener à se confier visuellement face à son objectif. Choisissant à chaque fois une personne trans’, il entre dans son intimité tout d’abord par la voix, le dialogue, puis si la complicité s’installe, alors la prise de vue a lieu. La rencontre se passe la plupart du temps chez le modèle, (maison, atelier, jardin), ce qui fait son moi intime à un moment donné, le temps T de la photographie et qui lui donne son sens, même s’il nous est dissimulé. Ou bien, à l’extérieur mais dans un lieu dont la neutralité n’est qu’illusion. Un détail surgit en effet, qui devient évocateur, capable de recréer cette intimité. La présence du fauteuil ou de la cigarette, de l’escalier, des jonquilles, du pilier rouge font partie de la composition de l’image mais pas que ; ils deviennent éléments constitutifs de ce qui fait un portrait.

Dans les tableaux classiques, on retrouve ce principe du détail qui va singulariser le modèle (montre, vêtement, livre, etc.) dans un espace-temps donné. A chaque photographie existe une anecdote révélatrice de l’histoire de chacun(e), mais aussi ce que le photographe a su percevoir ce qui fait que Chris, Naouelle, Lana et les autres sont eux/elles-mêmes, devenant alors par leur statut de modèles des icones modernes. Différents niveaux de lecture peuvent ainsi se croiser, enrichissant l’image initiale. Philippe du Crest à travers ces 48 (à ce jour) portraits en pied lève le voile non seulement sur des êtres mais aussi sur notre société à travers son regard aujourd’hui. L’intemporalité surgira malgré tout car la sobriété et la sincérité de ce regard nous défient et offrent à ses modèles l’infinitude.

Nathalie Béreau, galeriste – juin 2014 »

Philippe du Crest ne peut être présent pour l’exposition mais il est possible de le contacter par mail : ducrestphoto@gmail.com ; ou par téléphone : 06 76 80 83 17

Site Internet avec la galerie complète : http://www.philippeducrest.com/projet/transhumanite

La journée mondiale contre l’homophobie et la transphobie

A l’occasion du 17 mai, journée mondiale contre l’homophobie et la transphobie (IDAHOT) chaque année des évenements sont organisés pour rappeler que les LGBTPhobies sont toujours constatés dans de nombreux domaines : dans les institutions avec notamment la difficulté de changer d’état civil pour les personnes trans ou la reconnaissance des personnes intersexes, l’accès à l’emploi des personnes en transition, l’accès aux soins, les dons du sang, le harcèlement à l’école, les guet-apens organisés via des réseaux sociaux… Et cette liste ne concerne que la France et ne tient pas compte des pays étrangers criminalisant toujours les personnes LGBTQI.

 

Cette année l’association Andbraiz a choisi de mettre en avant des personnes dont le parcours de vie les a amenées à questionner leur genre et leur identité malgré le monde qui les entoure. Ces personnes trans forment ici une exposition de portraits photos réalisés par Philippe du Crest entre 2013 et 2014. Les visages de ces personnes anonymes toutes si différentes mais toutes si réelles, toutes si humaines, sont un moyen de rappeler qu’encore partout, même en France, d’autres ont été et seront réduites au silence voir à l’oubli. C’est aussi le moyen de prendre conscience des enjeux des identités de genres, de se projeter dans ces vies aux chemins différents et de percevoir l’immense diversité du genre humain. Bien sûr les personnes photographiées ne représentent nullement la totalité des identités. De même que leur parcours, tous différents, ont été capturés à des instants de leurs transitions respectives, aucune n’est comparable ou meilleure à une autre. Celles-ci montrent ensemble un instantané de la pluralité de notre société.

Andbraiz est une association de défense des orientations sexuelles et des identités de genres (« LGBTQI »), de lutte contre l’homophobie et la transphobie, de prévention contre les IST/MST, de vivre-ensemble et de convivialité qui œuvre depuis 2011 dans les Côtes d’Armor.

Quelques actions récurrentes et ponctuelles :

- Manifestations à Lannion pour la loi sur le mariage pour tous en 2012 et 2013 ;

- Collectes annuelles de dons pour le Sidaction depuis 2011 ;

- Collectes de jouets sur le marché de noel entre 2011 et 2015 ;

- Ciné-débats pour la Journée mondiale de luttre contre le sida en 2015 ;

- Ciné-débats pour la Journée mondiale contre l’Homophobie et la Transphobie en 2013 et 2015 ;

- Participation aux Marches des Fiertés de Rennes depuis 2011 ;

- Participation aux Marches Existrans à Paris depuis 2013 ;

- Prévention contre les IST/MST lors de la fête de musique de St-Brieuc en 2013 ;

- Intervention au lycée Le Dantec de Lannion contre l’homophobie et la transphobie en 2016 ;

- Exposition « Trans’humanité » à l’occasion du TDoR 2017 ;

- Ciné-débats à la MJC de Morlaix lors de la diffusion du film « La sociologue et l’ourson » en 2017 ;

http://www.andbraiz.com – contact@andbraiz.com

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