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Cinéma – "Histoires de la Plaine", de Christine Seghezzi

Mercredi 27 septembre 2017 – 20:30

Entrée 5€,  voir un extrait : extrait

Une soupe est proposée dés 19h30 par l’association Tohu-Bohu (2€)

Film projeté en présence de la réalisatrice: Christine Seghezzi

71 minutes l France l 2016

Dans la pampa argentine, les terres autour de Colonia Hansen sont parmi les plus fertiles au monde. Pendant longtemps, des millions de vaches y vivaient en plein air. On disait que la meilleure viande de bœuf était argentine.Aujourd’hui d’immenses champs de soja transgénique ont pris la place des cheptels et couvrent la plaine jusqu’à l’horizon… Histoires de la plaine remue ces terres pour en faire jaillir des histoires qui racontent des massacres et des disparitions du passé. Des récits qui font écho à la survie et à la résistance des derniers habitants face à la destruction de l’environnement, des animaux et des hommes par la monoculture et les pesticides.

Critique du 28/08/2017 Par Pierre-Julien Marest (Télérama)

Argentine, la pampa autour de Colonia Hansen : l’une des terres les plus fertiles au monde. Cette vaste plaine est pourtant gorgée du sang de tous ces cadavres : colons assassinés par des Indiens qui furent, à leur tour, décimés par les colons, ou dépouilles anonymes des opposants aux dictatures successives. Ce n’est pas tout : on abreuve désormais de pesticides et d’herbicides ce lieu devenu support d’une monoculture intensive, celle du soja. La main-d’œuvre disparaît, les bénéfices de la firme Monsanto s’envolent. Un camion contenant 18 000 litres d’herbicide pur s’est renversé, a sali la terre, entraînant un accroissement du taux de fausses couches et la naissance d’animaux difformes, presque mutants. Au service de son propos, la réalisatrice déploie une mise en scène d’une effroyable beauté, qu’il s’agisse de filmer le silence de la nature ou les quelques agriculteurs rescapés des environs. Elle dresse avec élégance un constat amer et lucide, démonte les rouages d’un vaste mécanisme auquel nous participons tous, dès lors que nous consommons. Même le végan qui se gave de steaks de soja a sa part de responsabilité… Et, devant les vaches suspendues par leurs pattes arrière à des rails, défilant sous les couteaux d’ouvriers qui les égorgent à la chaîne, on songe aux Temps modernes de Charlie Chaplin. Ce dévoilement de l’industrialisation de la mort semble alors aussi insoutenable que nécessaire.

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