Prochainement au café

<< retourner au programme

Cinéma – "L’Amérique insolite" de François Reichenbach #1

Jeudi 14 juin 2018 – 20:30

Entrée 5€

Pour l’occasion l’association Tohu-Bohu vous propose
dès 19h des galettes et des crêpes

En lien avec :

Double jeu :
un film sort en salle aujourd’hui, qui en appelle un autre sorti hier. Par ce dispositif d’accompagnement des films en salle de cinéma, l’association Documentaire sur grand écran valorise la sortie d’un film documentaire en l’associant à un film de patrimoine, à l’occasion d’une double séance.

América VS América :

Un demi-siècle d’histoire sépare ces deux films, ces deux regards sur l’Amérique, ces deux écritures documentaires, ces deux jeunes cinéastes français :

En 1958, François Reichenbach filme le rêve américain : L’Amérique insolite (Jeudi 14 juin)
En 2018, Nicolas Peduzzi filme l’enfer américain : Southern Belle (Samedi 16 juin)

Jeudi 14 juin:« L’Amérique insolite »de François Reichenbach
(1958,86′,France)

« J’ai voulu prendre le citoyen américain depuis sa naissance jusqu’à sa mort et le suivre dans toutes les circonstances cocasses, burlesques, insolites de la vie. J’ai voulu montrer son extraordinaire jeunesse, ses passions, son goût de la violence, ses drames, sa gentillesse et ses bizarreries. Être un témoin curieux, infatigable, parfois même indiscret : tel a été mon but. Mais je ne me suis jamais permis de juger. »

François Reichenbach

…)

Je suppose que Reichenbach a été victime d’un phénomène que je connais pour en avoir souffert

François Reichenbach par Claude Truong-Ngoc

et qui consiste à jeter sur le monde un regard (Saint-Simon dirait asséner un regard) qui bouscule les habitudes et montre les choses sous un angle aigu, facile à confondre avec la charge et la critique. Il en va de même chez les peintres lorsque leur audace marche au bord du style caricatural sans y tomber jamais et ne cesse de surprendre qu’à la longue. (…) Dans ce cortège de contrastes que le film déroule sous nos yeux, il n’y a que pointes qui se heurtent, ferraillent et nous évoquent la chorégraphie éblouissante du duel des Hoffmann girls. Il serait fou de confondre cette escrime joyeuse avec une attaque à main armée…

 

Le cas Reichenbach par jean cocteau ARTS-25 mai 1960

Avec l’Amérique insolite, François Reichenbach brosse en 1958 un des premiers portraits d’un pays encore largement méconnu des Français. Au-delà des starlettes et des gratte-ciel, Reichenbach a filmé, non sans humour, ce qu’il voyait comme « toutes les Amériques possibles ». Cinquante ans plus tard, il est saisissant de découvrir ce carnet de voyage qui contient en germe une de ces Amériques. A travers le quotidien intime de Taelor, une riche héritière en déshérence entre drogues, embrouilles pathétiques et ennui, c’est le portrait en creux d’une Amérique à la dérive que Nicolas Peduzzi livre. Filmée avec tendresse, cette southern BeLLe incarne là l’échec humain d’une idéologie de la puissance, de la consommation et de l’argent. Une Amérique vidée de valeurs et de substance. L’Amérique en toc de Trump.

Samedi 16 juin : » Southern Belle » de Nicolas Peduzzi
(2018, 84′, France )

Fille unique du plus grand exploitant pétrolier du Sud des Etats-Unis, Taelor Ranzau, 26 ans, a grandi dans l’un des quartiers riches de Houston, Texas. à 14 ans, la mort soudaine et mystérieuse de son père met fin à son enfance idyllique, et provoque sa chute dans une vie où règnent la drogue, l’alcool et les jeux d’armes. Son héritage, estimé à plus de 500 millions de dollars, devient sa malédiction. Le film dresse le portrait d’une génération perdue et décadente dans l’Amérique contemporaine de Donald Trump.

La beauté sudiste du titre, c’est Taelor Ranzau, 26 ans, née à Houston, Texas, fille unique d’un champion de base-ball qui a fait fortune dans les affaires avant de décéder lorsque sa gamine n’a encore que 14 ans. Pour son premier long-métrage, Nicolas Peduzzi ne se contente pas de faire le portrait de cette « beauté », personnage fantasque, agité, perdu en somme, mais nous fait entrer avec elle dans un monde halluciné où l’on chasse la nuit, où l’on se gargarise de menaces, où l’on se déchire. En bref, le white trash, mais de la haute, avec ce que l’argent autorise comme tristes délires, comme imaginaires appauvris, comme drames familiaux tout juste pathétiques. Nous voilà donc, portés par une caméra incroyablement proche des êtres et des situations, en plein théâtre, à la manière de coulisses d’une méchante série télé, où les clichés les plus attendus sont portés aux extrêmes. Portrait d’une Amérique blanche contemporaine, dont on ne soupçonnait pas à quel point sa déroute avait atteint la moindre terminaison nerveuse.

jean-Pierre rehm FIDMarseille-2017

Francois reichenbach

Né en 1921 dans une famille aisée d’industriels, François Reichenbach débute comme critique d’art. Mais il est déjà un cinéaste amateur et le producteur Pierre Braunberger l’incite à en faire son métier. L’acuité de son premier long métrage, L’Amérique insolite (1958), fait sensation. S’ensuit une filmographie très personnelle, amalgame de reportages artistiques et de portraits : Orson Welles, Yehudi Menuhin, Herbert von Karajan, Arthur Rubinstein, Johnny Hallyday, Brigitte Bardot..

Nicolas Peduzzi

Après des études de cinéma à la New York University en 2010, Nicolas Peduzzi participe à des pièces de théâtre en tant qu’acteur comme Ivano de Luc Bondy en 2015 ou Julius Caesar de Sebastian Galves. Southern Belle est son premier long-métrage documentaire. Il prépare aujourd’hui un second film, dans un dispositif plus proche de la fiction.

<< retourner au programme

Les commentaires sont fermés.