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Cinéma – les Amis de la Commune de Paris 1871" propose "Octobre" de Sergueï Eisenstein

Samedi 2 décembre 2017 – 20:30

par le Comité du Trégor-Argoat des « Amies et amis de la Commune de Paris 1871″

Participation au drapeau…

Le Comité du Trégor-Argoat des « Amies et amis de la Commune de Paris 1871″ (asso 1901 dont le siège est à Lannion) a pour but de faire connaître l’histoire, les communard(e)s, les idéaux de cette première expérience ouvrière, ainsi que les combats menés depuis en France et dans le monde par des organisations et courants de pensée qui se réclament de son héritage.

« Octobre » de  de Sergueï Eisenstein et Grigori Aleksandrov, 1928, 2h19, soviétique

L’empire russe, au début de l’année 1917. Une foule de manifestants en colère détruit la statue d’Alexandre III. La bourgeoisie, l’armée et l’Eglise se réjouissent de l’instauration d’un gouvernement provisoire qui, par solidarité avec les Alliés, décide de continuer la guerre contre l’Allemagne. Mais sur le front, soldats russes et allemands laissent tomber les armes et fraternisent. Le peuple, quant à lui, a faim et commence à le faire savoir. Bientôt ouvriers, soldats et marins se réunissent. Le gouvernement libéral de Kerensky ne parvient pas à faire cesser une agitation qui monte des tranchées, saisit les usines et déborde dans les rues malgré eux. Les bolcheviks entretiennent la contestation populaire en soufflant sur les braises … Et ce sera bientôt Octobre !

Critique du 30/07/2016 : Télérama, Par Anne Dessuant

| Genre : propagande esthétique.

C’est un film plein de bruit et de fureur. Muet, mais assourdissant. Par l’alternance de gros plans et de vues d’ensemble, d’images fixes et de mouvements de foule, de plongées et de contre-plongées, Eisenstein suscite le chaos. Et pousse au paroxysme son « montage intellectuel », déjà expérimenté dans La Grève (1924) et Le Cuirassé Potemkine (1925). Ce montage symbolique entrechoque les images pour secouer le spectateur et créer du sens — les plans de mains qui applaudissent le soulèvement populaire entrecoupés d’horloges indiquant l’heure dans différents pays donnent l’illusion d’une euphorie mondiale. Octobre est une commande du parti bolchevique pour célébrer le dixième anniversaire de la révolution de 1917.

Dès 1919, Lénine a compris l’importance du cinéma comme moyen de propagande — devant, donc, être surveillé de près. Eisenstein, qui était alors le cinéaste officiel du parti, fait ainsi de Lénine le chef d’orchestre de la révolution, toujours en action, et de Trotski, associé à un ange une harpe à la main, un faible, naïf et ridicule. Mais Eisenstein, emporté par ses convictions artistiques, va aller trop loin : son formalisme pur se heurte vite aux directives staliniennes, hostiles à l’art pour l’art. Il tournera encore un film en l’honneur des paysans, La Ligne générale, mais devra attendre dix ans, après un exil en Amérique, pour tourner de nouveau dans son pays. — Anne Dessuant

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