Nasi Mustacchi e Lazzi(Nez Moustache et Lazzi)

Entrée 7€(adhérents6€)

Grande Assolo in Arte di e con  ANTONIO FAVA

spectacle solo en première mondiale ( avant Israël et les États-Unis ! )

La Commedia dell’Arte a fait son apparition dans l’Italie du nord, dans les années trente du Cinquecento. L’année exacte reste encore inconnue. Mais les premières informations certifiées donnent les « comici » Italiens, déjà en 1538.

La principale caractéristique de la Commedia dell’ Arte, depuis son début, a été le professionnalisme. Dans l’italien de la Renaissance, « arte » signifie métier, profession.

C’est la Commedia dell’Arte qui lance le théâtre professionnel moderne, en créant tous les présupposés : l’acteur spécialisé, le lieu théâtral, l’organisation du public, les techniques, les rapports économiques, la tournée, les théâtres et les compagnies institutionnelles. Tout ce qui nous paraît évident aujourd’hui a dû être inventé ; bien même l’actrice, la vraie femme en scène et non plus les hommes travestis. La Commedia dell’Arte lance tout cela avec une fulgurante rapidité, en 1560, tous les jeux professionnels sont établis.

La Commedia dell’Arte est aussi un « genre » qui s’articule autour de quatre points fermes :

Les Types Fixes : qui sont, les Vieux, les Amoureux, les Serviteurs et les Capitaines.

L’Improvisation : qui est la méthode de travail, d’invention, de composition des comédies, des situations particulières, des personnages et de leurs comportements.

Le Multilinguisme : la Commedia naît dans un lieu et une époque de grande variété linguistique. L’Italie de la Renaissance était une sorte de continent non unifié par une langue unique, où la langue pouvait varier considérablement même, d’une ville à l’autre. Les « comici » dell’Arte attribuaient à chaque personnage une langue différente pour donner au public de chaque aire géographique, l’accès à la compréhension de l’ensemble à travers ledit personnage. Il y avait chaque fois celle ou celui qui s’exprimait dans la langue du public présent. Ce principe était appliqué également hors de l’Italie et de son système linguistique.

Le Masque : qui caractérise le personnage en un éclair, il en détermine le comportement et les caractéristiques permanents et qui constitue le principe expressif, stylistique, de la Commedia, de tous les personnages, même ceux interprétés sans masque. Le masque comme principe d’action, principe dramaturgique, principe poétique.

Dans sa longue histoire (presque de cinq siècles), la Commedia dell’Arte a toujours cherché la communication avec chaque sorte de public. Le public de sa provenance, ainsi que le public de chaque pays et culture. Ceci a porté la Commedia a chercher et peut-être trouver une sorte de « langage universel », fait de clarté et de mise en spectacle du geste, de l’expression, de la situation; à cela ce joint, l’universalité des personnages et de ce qu’ils signifient : jeunesse et vieillesse, richesse et pauvreté, vérité et mensonge, souffrance et joie ; les situations, partout lisibles, parlent d’amour, de faim, de peur, de peine et soulagement. Et tous ces personnages vivent cet état d’urgence permanent, tragique et comique ensemble, qui justifie toute l’action, jusqu’à la fin heureuse.

La Commedia dell’Arte ou Italienne ou Zannesca ou Improvvisa ou – même ! – Mercenaire (mais qui signifie ‘payé’, donc professionnelle), continue sa tradition et sa diffusion dans le monde entier.La Commedia reste aujourd’hui ce qu’elle a toujours été : populaire et raffinée en même temps.

Dans NASI MUSTACCHI E LAZZI / NEZ MOUSTACHE ET LAZZI, l’acteur-auteur se présente comme Antonino le Calabrais, qui vient du XVII siècle, en costume de scène, pour nous raconter son théâtre, tel qu’il le faisait dans son temps et dans son monde.L’introduction historique de la Commedia est donnée par une sorte de souvenir, tout à fait vrai et en même temps idéalisé, de la part de l’acteur.La mémoire soit personnelle soit historique de Antonino nous fera connaitre les « types », ou mieux les « archétypes », les « maschere » comme les appelle Antonino, comme les appellent les « comici dell’Arte ».Oui, dans l’Arte, on ne dit pas « personnage » – et un masque n’est pas un objet, c’est le personnage tout entier : Antonino est « la maschera di Pulcinella » dans sa Compagnie, la « Compagnia dei Tignosi » (des acteurs têtus, ceux qui ne démordent pas, sur scène comme dans la vie, dure mais tellement belle du comédien).Et Antonino nous fait

vivre, devant nous, le Magnifico, le Dottore, le Capitano, les Amoureux, les Zanni ou serviteur, où il excelle dans son masque, Pulcinella.Antonino n’a pas connus personnellement Giovanni Gabrielli, deux générations avant lui, entre XVI et XVII, celui qui a inventé le couple comique, avec le I° et le II° Zanni ; Gabrielli tellement sobre et tellement grand par sa grande création : Scapino (Scapì, Scapìn, Scapino, Scappino). Mais Antonino il connait tout de ce grand Maestro, qui invente aussi la « Commedia Solista ». Antonino nous fait connaitre ça, avec la synthèse d’une comédie et de tous les masques ou personnages : L’ELIXIR DE LONGUE JEUNESSE.

En Commedia, chaque solo pour chaque masque a un nom : Capitano la Bravura, Dottore le Sproloquio, Serviteur le Sproposito, Magnifico le Reproche, l’Amoureux a une longue liste dont la Pazzia (folie) le Sospetto, la Gelosia. Pulcinella, Grand Conteur, a dans son répertoire, des histoires terribles, horribles, effrayantes, tout en gardant sa nature (et sa forme) comique.Antonino nous accompagne donc dans ce parcours un peu marrant et un peu dantesque. Toujours avec l’orgueil, ou plutôt et mieux, la dignité des inventeurs d’un Art, d’une Profession, d’un Métier.

Buon divertimento a tutti.

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