La matinale : « Un été silencieux » de Stéphane Breton

Entrée 5€, Petit déjeuner offert à partir de 9h30 

« Un été silencieux » de Stéphane Breton (France, 2005, 52′)

Nous sommes dans une yourte, nous marchons avec un troupeau, nous passons l’été en montagne. Tout autour : des bergers kirghizes, leurs chevaux, leurs moutons. La caméra devient le regard de quelqu’un, de celui qui est derrière. Il vit avec ces gens, mais il ne connaît pas leur langue, et ne les connaît d’ailleurs pas du tout. Il est là et c’est un étranger. La famille qu’il suit pendant quelques mois pendant la transhumance en altitude se met à faire partie de son monde, il fait partie peu à peu du sien. Puis tombent les premières neiges, il faut retourner au village, se séparer, quitter l’insouciance des alpages, redescendre.

Stéphane Breton est un cinéaste français
né en 1959.

Il a vécu plusieurs années dans les montagnes de Nouvelle-Guinée pour faire son métier d’ethnologue. Il a trouvé là-bas des gens pieds nus, armés d’arcs, dont il a appris la langue, l’humour, la cupidité et les disputes. Ils le dévisageaient avec incrédulité, attendant qu’il fasse le premier pas, se demandant s’il n’était pas venu leur vendre des savonnettes. Difficile de leur en vouloir.

De cette situation banale mais peu confortable,
il a tiré Eux et moi, un film qui se déroule entre eux et lui, là où ont lieu échanges de poignées de main, de tabac, de sourires, de mots, de monnaies de coquillage. C’est l’ethnologue, celui qu’on ne voit pas puisqu’il filme mais qu’observent méthodiquement ceux qu’il regarde, qui devient maintenant le bon sauvage de naguère.

Voir et être vu est devenu le fil conducteur des films de Stéphane Breton.

Après cela, il a tourné à Paris en bas de chez lui, au Kirghizstan, au Nouveau-Mexique, au Népal et en Russie des films documentaires à la tonalité poétique, qui donnent aux choses et aux situations simples qui nous entourent l’aura du merveilleux et de la beauté. S’ils ont un ton ethnographique, c’est qu’ils se passent dans des contrées lointaines et décrivent la manière dont les gens sont chevillés à leur petit coin du monde, mais c’est aussi parce qu’ils donnent une présence au filmeur, ethnologue malgré lui puisqu’il partage la vie de ceux qu’il regarde.

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