« L’adieu au théâtre » de Thomas Lasbleiz (ANNULE)

Participation libre

Synopsis :
L., comédien sur le retour vient proposer un seul en scène : « Siebe » de David Malocice, auteur polonais maudit. Mais, incapable de jouer le spectacle, L. s’égare dans la narration de ses vies et se déstructure, se restructure jusqu’à ce que sa personnalité se disloque dans ses multiples incarnations qui sont autant de tentatives désordonnées, paniquées, de conquérir le public.

Intention d’écriture :
Je réouvre les yeux sur le premier jour de l’écriture de l’adieu au théâtre : la première image qui me vient est celle d’un hôpital et je suis vêtu d’un pyjama rayé, un pyjama de vieux. Je ne suis jamais allé à l’hôpital. Une autre image, une citation tirée du journal de Gombrowicz: «L’avenir du monde occidental, c’est la cuculinerie». Une autre image encore. A la télévision, un comédien de One man show. J’ai coupé le son et, grotesque, le visage du comédien s’écartèle dans des mimiques qui n’exprime que des caricatures d’émotions mécaniques, figées. Je ris d’abord de lui. Je zappe et tombe sur une publicité : une femme suce une glace et me regarde en déformant son visage pour lui donner l’aspect de l’érotisme. Je reviens sur le One man show. Les deux images, le comédien et la femme, se superposent. Le comédien me parait sucer une glace pour me séduire. Plus je le regarde, plus il devient gluant; je n’arrive pas à m’en détacher, j’ai pitié de lui, je deviens gluant à mon tour… de pitié. Si le public se détache de lui, il aura cessé d’exister.
Je deviens lui dans son angoisse de séparation:L’idée de l’adieu au théâtre est née. Je repense à Gombrowicz, à son théâtre, à sa manière de triturer le spectacle, d’en prendre la mécanique au pied de la lettre, de la creuser jusqu’à l’os avec un plaisir comme sadique: sous sa plume, tout se transforme en farce tragique. Grace à Gombowiecz, la trame et l’écriture de L’adieu au théâtre m’apparaissent clairement.

Thomas Lasbleiz

Note de présentation

Postures conventionnelles, succession de masques suspendus au rire de connivence des
spectateurs : le One man show, le stand up, sont, par-delà les apparences, des genres très codifiés. Comment se confronter à ces figures imposées sans les surplomber par la création d’un autre masque que serait la parodie ? Choisir Laurent Jarrige a été le premier pas d’une direction d’acteur qui privilégie l’urgence et l’inconfort ; Laurent Jarrige a été formé par la performance, l’improvisation aux marges de l’art contemporain, une école de jeu qui consiste à se défaire des effets et des techniques.
Ainsi la direction d’acteur devient mise à nu du comédien qui déverse sur la table ses affects: dès son apparition, un trouble naît de l’intensité de son jeu qui met à mal la connivence spectateur/acteur. Nous avons travaillé sur la trop grande dépense d’énergie, sur la rapidité qui dérègle les expressions stéréotypées en les rendant mobiles, instables, fugaces. Peu à peu, le spectacle se défait des oripeaux du théâtre, les accessoires disparaissent. La scène devient le paysage mental du personnage (il montre en fond de scène des photos-souvenir mais il n’y a que du vide). Il se regarde dans un miroir: ce sont les yeux de la salle, le comédien devient corps-seul dans la lumière.

Thomas Lasbleiz

Distribution
Texte et mise en scène :   Thomas Lasbleiz
Interprétation : Laurent Jarrige
éclairage : Philippe Albaric
Son : Roberto Robao

Biographies
Thomas Lasbleiz
Après des études de lettres et d’art plastique, Thomas Lasbleiz a crée et animé l’émission
«Cinémarge» sur Aligre FM. C’est lors de cette émission qu’il a réalisé des dramatiques
radiophoniques sur des textes d’auteurs divers.
Tout en travaillant en associations et institutions sur l’insertion par le jeu et le théâtre,
son travail, d’abord au cinéma, est basé au cinéma sur les rapports entre cinéma et spectacle vivant, notamment avec la co-écriture de « Julie est amoureuse » de Vincent Dietschy, puis avec ses propres réalisations : « La mère à l’enfant », qui renvoie le solipsisme d’une mère folle à une représentation théâtrale, « Enfance », travail sur la marionnette, « Les pêchers de Montreuil », travail autour de l’improvisation des comédiens.
Ce film a été produit au sein du collectif « Bayonne Arrive », animé par Laurent jarrige.
Au sein de ce collectif, Thomas Lasbleiz a participé à diverses performances, lectures de poésies, improvisations autour des musiques contemporaines. Avec « Si j’étais Sarkozy »,
Laurent Jarrige et Thomas Lasbleiz créent, à l’occasion des élections présidentielles, une pièce filmée en multicaméra, qui déclenche chez lui l’envie de s’investir pleinement dans un travail théâtral plus écrit, désir qui aboutit à l’écriture et la mise en scène de l’ « Adieu au théâtre ».
Laurent Jarrige
Comédien au théâtre des Egrégores de 1990 à 1992; auteur compositeur, il chante et joue de la guitare au Pays Basque. Mais il s’installe à Paris faire fortune. Il cofonde en 2005 Bayonne Arrive et organise une programmation mensuelle de courts métrages dans des cafés parisiens. En 2013, il cofonde Uppermusiq, destiné à accompagner des groupes en produisant des spectacles dans de belles salles : La Java, La boule noire, … Il joue en son nom, sort un disque par an, et accompagne IVA, duo de musique improvisée, Jorge Humberto, chanteur Capverdien, et chante au sein du collectif Citrouille.
Son expérience de comédien se distille au fil des ans dans des spectacles de musique,
des performances poétiques et des films. Chaque scène est pour lui une aubaine, un moment unique de vie et de partage. Ce n’est pas seulement qu’il aime jouer, c’est qu’il s’applique à scintiller et répandre autour de lui une joie communicative.

Philippe Albaric
D’abord électricien de plateau à la Cour d’honneur du Palais des Papes à Avignon et
au Palais Garnier, puis chef d’équipe au service lumière de l’Opéra Bastille, Philippe Albaric est le régisseur lumière de l’Amphithéâtre de l’Opéra Bastille. En 1992, il assiste A.Diot sur la tournée Lady Macbeth à la Scala de Milan. Il est responsable de production pour Idoménée (J.-P Miquel), Madame Butterfly (R. Wilson) et La Dame de Pique (L. Dodin). Il crée pour le théâtre et l’opéra : La clémence de Titus (J.-C. Mast, 1998), Phèdre (A. Bourseiller, 1998), Macbeth (J.-C. Mast, 1998). A l’Opéra national de Paris, il crée les éclairages de Falstaff (D. Pitoiset, 1999), Paquita (P. Lacotte, 2001), et Attila (J. Dayan et J. Moreau, 2001). Il adapte les lumières de La Bayadère et Paquita en tournée et règle les lumières de Ivan le Terrible et Don Quichotte. Il participe aux Nuits Blanches pour l’église Arménienne (2006) et aux Ateliers d’Artistes de Belleville (2013).
De 2006 à 2013, il conçoit les lumières des pièces du Festival Jeunes Chorégraphes
à l’Amphithéâtre de l’Opéra Bastille et, depuis 2012, celles du programme Dix Mois d’école
et d’Opéra. En 2012, il obtient son diplôme d’université de formateur d’adultes de Paris VIII. En 2017, il conçoit les lumières de Bastien et Bastienne, opéra mis en scène par Mirabelle Ordinaire à l’Amphithéâtre de l’Opéra Bastille.

Roberto Robao
D’origine argentine, il suit une formation théâtrale et musicale à Buenos Aires. Il s’installe
en France à la fin des années 70 et participe à différents groupes de musique et danse latinoaméricains en tant que musicien et danseur.
Dans les années 80, il découvre la musique électroacoustique, et commence ses « bricolages sonores » qu’il intègre dans ses performances tout en développant un langage scénique et poétique s’appuyant sur l’absurde. Dans cet esprit il crée son « Cabaret Electroacoustique » avec lequel il participe aux différents festivals et événements de musiques expérimentales en France et en Espagne.
Il participe comme comédien et musicien dans plusieurs spectacles chorégraphiques.
Actuellement, sa recherche s’oriente sur l’utilisation de capteurs pour la création et
la manipulation du son en temps réel, et la participation dans différentes formations liées
à l’improvisation.

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